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Le Cameroun

Indicateurs, repères historiques et économiques, géographie, climat, populations…
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La Province de l’Ouest, administration et organisation traditionnelle

Le Cameroun est administrativement divisé en 10 Provinces (équivalent en France des régions) à la tête desquelles se trouvent des Gouverneurs nommés par le Président de la République. Ntsingbeu et TOCKEM se situent dans la Province de l’Ouest.Les Provinces sont divisées en Départements dirigés par des préfets nommés par le chef de l’Etat. Ntsingbeu se trouve dans le Département de la Ménoua.

Les Départements sont ensuite divisés en Arrondissements coiffés par des Sous-préfets eux aussi nommés par le chef de l’Etat. Il en est ainsi de l’arrondissement Kong-Ni.

Parallèlement à cette division administrative, nous avons des collectivités territoriales ou communes ayant chacune un élu local ou maire. C’est le cas de la mairie de Nkong-Zem, chef-lieu de l’arrondissement Kong-Ni.

Encore parallèle à ces deux structures administratives et municipales se trouve l’organisation traditionnelle ou ancestrale des populations en royaumes ou groupements. C’est le cas de Bafou, groupement de près de 80 000 habitants avec pour dirigeant un chef supérieur de premier degré. Comme tous les autres royaumes ou groupements, Bafou est divisé en villages ou quartiers. Ntsingbeu, le lieu d’implantation de notre projet TOCKEM, est un village de près de 3 000 habitants mené par un chef traditionnel de troisième degré (reportant donc au chef supérieur Bafou).

La succession des chefs se fait de père en fils et les chefs comme celui de Ntsingbeu sont entourés dans l’exercice de leur pouvoir par des conseillers et notables.

L’arrondissement de Nkong-Ni se compose de deux grands groupements : Bafou et Baleveng. Le département de la Ménoua comporte une multitude de groupements de plus ou moins grande taille tant en superficie qu’en population.

Bafou est l’un des groupements les plus peuplés et les plus vastes de la Province de l’Ouest. Au point de vue ethnies, la Province de l’Ouest est occupée pour moitié par les Bamiléké organisés en grands groupements comme Bafou et pour l’autre par le peuple Bamoun regroupé dans un seul royaume à la tête duquel se trouve le Sultant (Foumban).

 

Ntsingbeu, petit village de la Province de l’Ouest

Passez la souris sur les différentes cartes, et découvrez progressivement où se situe la ville de Dschang, chef lieu du département de la Ménoua, dans le pays Bamiléké.
Le village de Ntsingbeu où se trouve la structure d’accueil est à 11 Km de la ville de Dschang.

Utilisez ce lien GoogleMap pour “zoomer” autour de Dschang.

Le village de Ntsingbeu

Ntsingbeu est un village de 3000 habitants , appartenant au grand quartier Ntsingfou, grand quartier du groupement Bafou. Bafou est l’une des plus grandes chefferies du pays Bamiléké s’étendant sur 174 km² et comptant plus de 80 000 habitants (avec une densité de population très nettement supérieure à la moyenne nationale : 200 habitants par km²).
Cette dernière, avec la chefferie Baleveng, forme la commune de N’Kongzem (jumelée avec la municipalité d’Halluin, partenaire d’ELANS). Situé au sud de Bafou, Ntsingbeu se trouve à 11 km de Dschang, chef-lieu du département de la Ménoua.
Ce village s’ouvre aux quartiers voisins par des routes et sentiers qui ont été creusés par les villageois. Ceux-ci sont praticables en toute saison, malgré les intempéries.

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Vue de Ntsingbeu lors de festivités

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Une classe du village

Relief et paysages

La région de Bafou connaît un relief accidenté. On distingue 4 zones écologiques : une zone de haute montagne (2000/2700mètres), une zone de moyenne montagne (1600/2000 mètres), le plateau basaltique (1400/1500 mètres) où se trouve Ntsingbeu et les enclaves cristallines (zone de carrières de sable).
À Ntsingbeu, le relief est légèrement accidenté. On observe la présence de collines de moyenne amplitude. Il n’y a presque pas de montagne. Le village se trouve à une altitude de 1400 mètres et est formé de massifs entre lesquels se trouvent des vallées très fertiles. C’est une étonnante campagne bocagère : quadrillage serré de haies vives reliant les concessions et les plantations.

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Un ruisseau de Ntinsgbeu

Plusieurs cours d’eau arrosent la région. A cause du relief accidenté, ils sont souvent coupés de chutes et de rapides. Ils constituent ainsi des potentialités énergétiques et touristiques.
Le réseau hydrographique de Ntsingbeu est très faible. On trouve dans les bas-fonds des points d’eau et des ruisseaux autour desquels sont plantés des raphias. Le cours d’eau le plus important du village, «Ndoumbouboh», ne se tarit pas en saison sèche, à la différence de tous les autres points d’eau du village.

Climat

Appartenant à la région des hauts plateaux de l’Ouest, Ntsingbeu jouit d’un climat équatorial tempéré. Celui-ci est caractérisé par des variations de la température moyenne annuelle et par l’abondance des pluies.

L’air climatique se divise en 3 saisons :
– Une saison sèche de 4 mois (15 novembre/15 mars). En janvier, les précipitations sont quasiment inexistantes.
– Une saison mixte de 3 mois (15 mars/début juillet).
– Une saison de forte pluie de plus de 4 mois (juillet/15 novembre avec un pic en août) où les précipitations avoisinent les 200 à 300 mm d’eau par mois.

La température moyenne annuelle est de 20°C. Cette température est variable en fonction des saisons. Les mois les plus chauds sont février et mars et les moins chauds sont juillet et août (à peine 16°C).
La diversité et la richesse du milieu, ses conditions climatiques agréables expliquent en grande partie son importante population et son potentiel économique. Ntsingbeu dispose de multiples atouts pour être une zone touristique par excellence.

Situation économique

L’économie de Bafou comme tout le pays Bamiléké est fondée sur l’agriculture. Avec l’introduction de la caféiculture, la province de l’Ouest est devenue le plus grande région agricole du Cameroun. La structure sociale des chefferies a sans doute joué un rôle dans l’attribution de cette place de leader. En effet, elle explique en partie la maîtrise de l’espace agraire et urbain. De même, la femme, qui pour l’homme Bamiléké détient la maîtrise de la fertilité, joue un rôle indispensable dans la production agricole de la région.
En ce qui concerne le système de production, les agriculteurs pratiquent des systèmes d’exploitation intensifs basés sur la caféiculture, les cultures vivrières et maraîchères, le petit élevage (volaille, porcs, chèvres et moutons) et l’exploitation du palmier raphia.
Bafou dispose d’un des plus grands marchés vivriers du Cameroun. En effet, l’existence d’un marché reste un baromètre fiable pour mesurer le dynamisme économique d’un territoire.

Organisation sociale

Les populations de Ntsingbeu appartiennent à un même clan. Elles sont scindées en familles et en lignées. En effet, les habitants sont presque tous issus des parents fondateurs du village. La polygamie est très répandue dans la localité (presque la moitié des hommes mariés sont polygames). En effet, on considère qu’un homme ne peut être vraiment respecté que s’il a plusieurs femmes. Celles-ci permettent d’avoir une grande famille et ainsi de disposer de la main d’œuvre nécessaire aux plantations caféières. Cependant, de plus en plus, on constate une évolution vers la monogamie (54,1%).
Le système patrilinéaire s’impose. L’homme est le seul maître, c’est lui qui prend toutes les décisions et la femme ne peut en aucun cas les contester. Dans le village de Ntsingbeu, comme partout dans Bafou, les concessions ont presque toutes la même structure. La maison du mari est généralement au fond de la cour et celles de ses épouses alignées le long de chaque côté.
L’héritage dépend de chaque chef de famille qui choisit avant sa mort son héritier parmi ses fils. L’héritier représente son père et assure la continuité de ses œuvres. Il devient le chef de famille et est respecté au même titre que lui. D’ailleurs, en tant qu’héritier, il doit prendre comme épouses les veuves de son père, à l’exception de sa propre mère. Cependant, hormis pour le chef du village, ce n’est que très rarement que cette coutume s’applique encore.

Groupements et associations

Sur le plan de l’organisation sociale, l’esprit communautaire des Bamiléké se retrouve à travers la multiplicité des associations. 47 associations culturelles, sportives, de développement, groupements d’agriculteurs et d’artisans ont été recensées.

Parmi les plus importantes, on peut citer :

  • TOCKEM, notre partenaire ;
  • La Maison des Jeunes et de la Culture de Bafou (dont le siège se trouve à Ntsingbeu). Cette association est née en 1999 à la suite d’un échange culturel effectué dans le cadre de l’accord de coopération décentralisée avec la ville d’Halluin. Son objectif est de promouvoir l’idée de citoyenneté et de favoriser l’épanouissement de chacun à travers la pratique d’activités culturelles, sociales et économiques (informations, animations, formations et accompagnement des jeunes dans leur parcours d’insertion) ;
  • A POUH SOC MOH (« la main qui lave l’autre »). Cette association est née en 1994. Elle regroupe les femmes du village. Son objectif est de créer un climat d’entente et d’entraide entre les femmes, d’organiser des tontines (qui serviront à se procurer des engrais au moment des cultures, à organiser les funérailles ou d’autres cérémonies) et de constituer un groupe organisé de danse et de chants traditionnels pour l’animation du village.

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Maison des Jeunes et de la Culture de Bafou

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A POUH SOC MOH : association des femmes de Ntsingbeu lors de festivités

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