Témoignage de Catherine et Nicolas Cadennes- Février 2004
Article paru le lundi 09 février 2004Nous nous présentons : Catherine et Nicolas Cadennes. Nous habitons dans le Nord de la France. Nous avons trois enfants qui avaient 11, 12 et 17 ans en février 2004. Comme nous sommes peu habitués aux voyages lointains, cela nous rassurait de partir avec des amis.
Les formules de voyages organisés dans des hôtels, où l’on est coupé de la population locale ne nous attiraient pas : nous voulions un voyage plus instructif pour nos enfants, et il nous paraissait préférable que l’argent dépensé puisse servir directement à une oeuvre de développement local durable, plutôt qu’à une grosse entreprise de voyagiste.
L’association Elans nous fit part des possibilités d’hébergement au Cameroun et nous renseigna précisément sur les préparatifs indispensables à ce type de séjour : réservations, vaccinations, visas, etc.Le voyage de Roissy à Douala ne dure que six heures, et dès l’arrivée, c’est un dépaysement complet car en février, il fait chaud à Douala. On y attend la saison des pluies.
Nous avons été pris en charge dès l’aéroport par Germain, qui avait loué un minibus. Le trajet de l’aéroport à la province de la Ménoua est d’environ 400 kilomètres, ce qui nous a permis d’avoir une vue d’ensemble d’un pays aux reliefs et aux panoramas variés, sur des routes principales assez bien goudronnées. Arrivés au village de N’Tsingbeu, l’équipe de Tockem nous a reçus et nous a présenté la structure hôtelière : les bungalows sont très accueillants et permettent à chacun de nous d’avoir son indépendance, la maison commune dispose d’une belle salle à manger-séjour.
Nous y prenons des repas délicieux : les tomates et les avocats, notamment, ont un goût succulent ; en légume d’accompagnement, nous découvrons les bananes plantains. Le soir, nous discutons dans le séjour, jouons aux cartes et préparons avec Germain les activités du lendemain.
En effet, rien ne nous est imposé, et nous sommes entièrement libres de partir en excursion, d’aller au marché …ou de rester nous reposer !
Les structures d’accueil Tockem ne sont pas situées à l’extérieur du village, mais en plein centre. De ce fait, nous côtoyons les habitants, nous parlons avec eux, nous sympathisons rapidement. Comme il ne s’agit pas de tourisme de masse, il n’y aucune mendicité de la part des habitants de N’tsingbeu, mais plutôt de la curiosité. Les enfants sont libres d’aller jouer avec les Camerounais de leur âge. Toutefois, pour une question de sécurité, les bâtiments qui nous hébergent sont surveillés la nuit par un gardien.
Nous avons fait quelques excursions : des chutes d’eau très impressionnantes, le sultanat de Founbam, les marchés locaux. Pour les longs trajets, nous pouvions louer un minibus. Pour de petits déplacements, notre accompagnateur Germain appelait par téléphone un taxi qui nous emmenait en ville pour un prix modique.
Le plus intéressant dans ce voyage reste la découverte de la vie quotidienne d’un village camerounais : on y découvre la polygamie ; chaque maison de brique dispose d’un jardin vivrier où le moindre centimètre est exploité. Les femmes y travaillent dès l’aube (surtout en cette période, où l’on attend les pluies du printemps) ; les enfants sont scolarisés, parfois loin de leur maison.
Dans le cadre des actions d’Elans, nous avons découvert ce qu’est le travail de coopération (réunions, contacts au niveau scolaire, présentation auprès des instances administratives officielles, coordination des travaux pour le forage, etc.).
Puis nous avons quitté le village de N’tsingbeu après d’émouvantes embrassades. Il nous restait à découvrir le littoral camerounais. L’hôtel où nous avons dormi deux nuits donnait directement sur une plage magnifique et absolument déserte de touristes.
Deux journées idylliques… de quoi revenir en France avec des souvenirs plein la tête !
