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Histoire du village de Ntsingbeu

Article paru le samedi 22 janvier 2005

Texte écrit par la famille Efo’ Nkemvou

Reconnaître la vérité pour un nouveau départ

Jusqu’au début des années 90, Ntsingbeu était l’une des chefferies les plus paisibles du groupement Bafou. Rien ne la distinguait des autres si ce n’est I’exceptionnel dynamisme de ses populations dont I’impulsion lui avait imprimé un élan de progrès irréversible. Mais en 1992 l’intronisation de son prince héritier légitime, le Dr. Pierre-Marie Metangmo comme chef traditionnel Efo’ Ntsalah – Efo’ Kemvou poussa ses détracteurs à lancer contre lui, et ce de la façon la plus inattendue, une virulente campagne d’intoxication, plongeant ainsi le paisible village dans un conflit des plus fratricides. C’est ainsi que Ntsingbeu restera jusqu’en 2003 l’un des exemples les plus illustratifs de bicéphalisme – pourtant si rare en pays bamiléké – où la légitimité ancestrale de Efo’ Nkemvou (Dr Pierre-Marie Metangmo) s’oppose à la légalité administrative du sieur Kenhago Robert. En Décembre 2003, après une analyse très minutieuse du dossier, l’administration rapporte (annule) l’arrêté préfectoral nommant le sieur Kenhago Robert chef de troisième degré à Ntsingbeu ouvrant ainsi la voie aux démarches de légalisation du chef légitime Efo’ Nkemvou (Dr Pierre-Marie Metangmo). Que s’est-il vraiment passé? Comment en est-on arrivé là? Quelles leçons en tirer?

Il devenait plus que urgent de rétablir la vérité historique dans l’affaire Ntsingbeu qui, au-delà du fait qu’elle surprend risquait, si l’on n’y prenait garde, de compromettre dramatiquement le puissant élan de progrès et de développement amorcé dans ce petit village. L’histoire de Ntsingbeu a une mémoire que nous voulons, en 1′écrivant, ramener à la surface pour qu’elle soit connue de tous et donne – comme c’est son rôle – les clés pour une meilleure lecture du présent et une bonne préparation du futur. Si malgré notre parfaite insertion dans le monde moderne et une bonne assimilation de la culture occidentale, nous avons continué de nous battre pour la restitution de notre chefferie injustement détournée à Ntsingbeu, ce n’est point par appétence pour les aspects folkloriques de l’exercice du pouvoir traditionnel ou les monarques usent et abusent souvent de leur autorité, exploitant et asservissant les peuples au lieu de les guider, protéger ou développer. Notre détermination vient de notre attachement au respect des droits fondamentaux des peuples et individus. De même que le rétablissement des vérités historiques sur la traite des Nègres, le génocide Bamiléké de la lutte pour l’indépendance du Cameroun sont aujourd’hui essentiels pour faire valoir le respect de la dignité humaine et celui des droits inaliénables des peuples et individus, le rétablissement de la vérité de l’histoire de la dynastie de Ntsingbeu est un préalable à l’établissement d’une gouvernance traditionnelle basée elle aussi sur le respect des droits fondamentaux des peuples et individus. Une révolution féodale ou un retour aux monarchies d’entant est illusoire et la quête pour le rétablissement de notre dynastie se situe plutôt dans la perspective d’une modernisation de Ntsingbeu puisant dans les richesses de son histoire et le respect de ses valeurs ancestrales au rang desquelles, l’honnêteté, la justice, la solidarité, la vérité et le respect des droits fondamentaux des peuples et individus.

I- L’histoire de la Dynastie de la chefferie Ntsingbeu:

D’après toutes les sources d’information consultées y compris un essai de Mr. Antoine Sonking préfacé par le sieur Kenhago Robert, la dynastie de la chefferie Ntsingbeu aurait été fondée par Teijiofouet. Les successions se seraient ensuite faites de père en fils comme il est de coutume en pays Bamiléké jusqu’à Efo’ Nkemvou, quatrième de la lignée en passant par Kemjiodio, deuxième et Mezajio, troisième. Avant sa mort survenue vers 1910, Efo’ Nkemvou désigne parmi ses fils, conformément à la coutume, Daniel Metangmo père du Dr. Pierre-Marie Metangmo pour lui succéder en devenant le cinquième chef de la lignée. Mais Daniel Metangmo n’avait en ce moment qu’environ cinq ans d’âge. C’est alors qu’un système de régence se mette en place avec les passages successifs de Kemtsa puis Teiguetsa et enfin Temetang Tetsavou dont le successeur Kenhago Robert s’établie par usurpation à la tête du village Ntsingbeu jusqu’à ce jour. Comme on pouvait s’y attendre, cette usurpation scandaleuse sur fond d’abus de confiance n’aurait pas été possible sans intrigues, malversations et complicités au sommet du groupement Bafou. En effet, en 1955 à la mort de Temetang Tetsavou le troisième régent, sa majesté Efo’ Dong Ngouajeu chef supérieur des Bafou soutenu en cela par une partie de la notabilité de Ntsingbeu décide de force, de conserver Kenhago Robert à la tête du village Ntsingbeu au détriment de Daniel Metangmo, détournant ainsi sans scrupule aucun, la chefferie Ntsingbeu de sa lignée originelle dont ni Temetang Tetsavou ni son fils Kenhago Robert ne font partie.

II- Intoxications, mensonges et falsification de l’histoire:

Pour couvrir le détournement de la lignée fondatrice de la chefferie Ntsingbeu ainsi fait abusivement et avec la complicité des plus puissants, nos forfaitaires useront de tous les moyens pour établir et renforcer la version “politiquement correcte” mais pourtant fausse et aberrante de l’histoire de la dynastie de Ntsingbeu selon laquelle, ” Daniel Metangmo Fo’ Ntsalah, père du Dr. Pierre-Marie Metangmo, aurait refusé la succession légitime de son père Efo’ Nkemvou chef de Ntsingbeu, parce qu’il était chrétien, laissant la place à un de ses “frères”, Temetang Tetsavou, le père de Kenhago Robert”. Cette version de l’histoire jusqu’ici publiée à grand renfort de contrevérités par le sieur Kenhago Robert et ses acolytes a été fabriquée sur mesure pour légitimer l’usurpation scandaleuse du titre et des droits de la famille Efo’ Nkemvou à laquelle Kenhago Robert n’appartient pas. Or en pays Bamiléké il est inadmissible qu’un étranger prenne la succession d’une famille dont il n’est pas le descendant directe et ce au détriment de ses nombreux fils légitimes.

III- Que savons nous de Efo’ Nkemvou ?

Efo’ Nkemvou est le quatrième chef du village Ntsingbeu succédant comme le prescrit la coutume à son père Mezajio héritier de Kemjiodio lui-même successeur de Teijiofouet le plus ancien chef connu de la lignée. La légende du village révèle que c’est au cours du règne de Efo’ Nkemvou que la dynastie de Ntsingbeu passe de la notabilité (Nkem) à la chefferie (Efo’). En effet, on raconte que par le passé alors que Bafou n’avait pas encore acquis son autonomie de Baleveng, le chasseur Bafou qui tuait un gros gibier devaient l’amener à la cour royale de Baleveng pour le faire dépecer. Un jour après la chasse et alors que les chasseurs Bafou s’apprêtaient à amener leur gros gibier à la cour royale de Baleveng, Efo’ Nkemvou lui-même chasseur avisé, grand guérisseur et fin tacticien prit un couteau et opéra l’animal sous le prétexte de vouloir y prélever des ingrédients pour les médicaments de ses nombreux malades. Pour laver cet affront, Baleveng déclara la guerre à Bafou et Efo’ Nkemvou mit au point la fameuse tactique qui consiste à faire repasser par un trou sous la clôture les guerriers qui auraient traversé aux vues des ennemis la très grande clôture du champ de guerre. L’effet recherché de donner à l’ennemi l’impression d’une armée innombrable qui les encercle en douce fut tant et si bien atteint que les généraux Baleveng déclarèrent forfait. C’est alors en récompense à cette ingéniosité de Nkemvou que Ntsingbeu pourtant situé seulement à 2 kilomètres de la chefferie supérieure sera érigée en chefferie pleine et que Efo’ Nkemvou en deviendra le véritable premier chef. C’est semble-t-il pour cette raison aussi que les Mandzong de Ntsingbeu portent une échelle avec sept marches et que le cote droit de gibier lors des cérémonies regroupant tout le groupement Bafou revient d’office aux Mandzong de Ntsingbeu.

Efo’ Nkemvou était donc un brave chasseur, talentueux guérisseur et fin tacticien qui par sa contribution à la prise de l’indépendance de Bafou fera ériger Ntsingbeu en une chefferie pleine et la gouvernera suffisamment longtemps pour y donner naissance à six fils dont les familles bien connues prospèrent tant à Ntsingbeu, Bafou qu’à l’étranger. Il s’agit de Daniel Metangmo (son successeur), Mbi Malo, Nounet Michel, Sakio, Siam Dongmo et Tejiokem.

IV- Les circonstances de la mort de Efo’ Nkemvou:

Vers les années 1910, alors que le Cameroun est sous l’autorité Allemande, des vagues d’épidémies souvent brutales s’abattent sur les populations et les déciment impitoyablement. Or toute mort subite et brutale est interprétée chez nous comme étant le fait de la sorcellerie. C’est exactement ce qui se passe à Ntsingbeu quand l’une des filles de Kemtsa (la mère de Tegny Bernard) meurt brutalement. Les soupçons convergent vers les deux seuls frères germains du chef Efo’ Nkemvou, à savoir Manfomekong et Manfotekongmo qui, accusés par trois de leurs frères consanguins, sont interpellés et condamnés par les Al1emands à la peine capitale par pendaison. Quelle tragédie!
Or le Chef Efo’ Nkemvou était trop attaché à ses frères pour digérer une telle injustice. Tant et si bien que sans se méprendre sur la cruauté des Allemands à l’époque, et connaissant donc parfaitement le risque qu’il prenait, il décida contre vents et marées de suivre ses deux frères à Dschang pour s’y constituer prisonnier et exiger de subir le même sort qu’eux au cas où on refuserait de les libérer. L’amour fraternel était donc plus fort que la peur de la mort, et personne dans son entourage ne réussit à l’en dissuader. Quelle Leçon!
En désespoir de cause, Mo’ Tedongkeu qui était son page, l’accompagna pour tenter encore, chemin faisant de le ramener à la raison avant qu’il ne fût trop tard. Peine perdue! En cours de route, Efo’ Nkemvou lui tint plutôt ce langage: “Je pars mais je sais très bien que je ne reviendrai jamais. Alors si Metangmo, le fils de Nanjou survit , qu’il porte mon nom”. Et, joignant le geste à la parole, il remit à Mo’ Tedongkeu pour le jeune Daniel Metangmo une pierre qu’il frotta sur son front en remplacement de son “crâne”. En effet cette pratique est courante lorsqu’on prévoit que le crâne pourrait ne pas être récupéré. En plus de son “crâne”, Efo’ Kemvou remit aussi et surtout à Mo’ Tedongkeu pour le jeune Daniel Metangmo le “Mbiankiet”, encore appelé “Ekupka”, que l’on désigne ordinairement par les termes “Epa’ Lah” (les sacs de 1a chefferie) et qui représente dans nos traditions le véritable symbole matériel de la royauté. Ces objets conservés précieusement devaient être remis à Daniel Metangmo quand il aurait atteint la majorité d’âge et la maturité requise pour reprendre effectivement la succession de son père et le commandement du village. Or si après la mort de Temetang Tetsavou le troisième régent, les objets suscités furent bien remis à Daniel Metangmo en 1956, la chefferie de Ntsingbeu quant à elle restera, à la grande déception de beaucoup, et au grand dam de l’héritier légitime, entre les mains du sieur Kenhago Robert. Le chef supérieur Bafou, sa Majesté Fo’ Dong Ngouajeu et les notables de Ntsingbeu en avaient décidé ainsi et ce pour des raisons bien connues de tous: à savoir une personnelle, la succession du grand notable Kemeloh – règlement de compte – et l’autre sociale, la destruction du fétiche appelé Nzo’o de Ntsingbeu coupé et brûlé par Daniel Metangmo. Le fétiche Nzo’o sera reconstitué plus tard.
Face à cette décision injuste et humiliante venant de 1a plus haute autorité traditionnelle du groupement de Bafou, Daniel Metangmo saisit le tribunal de Dschang qui se déclara incompétent pour l’affaire de la succession de Efo’ Nkemvou et de la désignation du chef de Ntsingbeu. Quant à ce qui concerne la réclamation des biens, la clause de la trentenaire (trente années passées) fut invoquée pour l’en débouter, Efo’ Nkemvou étant décède depuis plus de quarante ans déjà à I’époque du procès. C’est donc de retour du tribunal de Dschang en 1956, après ce verdict sans appel, que Mo’ Tedongkeu remet à Daniel Metangmo comme signalé plus haut le “crâne” et le “Ekoupka” de son défunt père. Tous les attributs traditionnels et coutumiers du pouvoir de la chefferie de Ntsingbeu sont ainsi bel et bien remis à Daniel Metangmo, malgré le maintien de Kenhago Robert.

V- La succession de Efo’ Nkemvou :
Les circonstances tragiques de la mort de Efo’ Nkemvou et le trop jeune âge de son successeur désigné Daniel Metangmo jettent un grand froid dans la chefferie Ntsingbeu. Il s’en faut de peu pour qu’une chasse aux sorcières s’engage dans le village. Mais grâce à Dieu, malgré la forte conspiration contre la fratrie directe de Efo’ Nkemvou, il n’en est rien. La chefferie reste vacante quelques temps. Puis, Kemtsa le demi-frère de Efo’ Nkemvou dont le décès de la fille avait servi de prétexte à la manœuvre d’épuration engagée s’autoproclame chef de Ntsingbeu (premier régent). Il quitte de ce fait son domicile et va s’installer à la chefferie de Ntsingbeu où il jouit comme le feront les deux suivants, des épouses et biens de Efo’ Nkemvou pendant une courte période (moins de dix ans). Mo’o Tedongkeu ne leur donnera – ni à lui et ni à ses successeurs – ni le “crâne” ni le “Ekupka” de Efo’ Nkemvou. Aucun enfant née de Kemtsa pendant son court séjour à la chefferie de Ntsingbeu ne survit. En effet, il n’y aura que des filles dont aucune ne survit. A sa mort, Teiguetsa l’autre demi-frère s’autoproclame à son tour chef de Ntsingbeu (deuxième régent). Et comme Kemtsa, tous les enfants qu’il aura à la chefferie de Ntsingbeu pendant son court séjour de cinq à sept ans meurent à la naissance. Aux même maux, les même remèdes: comme son prédécesseur, il exige dans ses dernières volontés, que sa dépouille soit enterrée non pas à la chefferie mais à son domicile et que ses enfants nées fort heureusement tous avant cette aventure à la chefferie s’en lavent purement et simplement les mains puis retournent s’établir dans son ancienne concession. Cette prescription faite sur son lit de mort et perçue comme un repentir par les populations sera, comme celle du prédécesseur, scrupuleusement respectée. Paix à leurs âmes.
A partir de ce moment, tous ceux qui, de près ou de loin avaient pris part au complot ayant entraîné l’assassinat de Efo’ Nkemvou et de ses deux frères commencent à prendre au sérieux l’affaire de la succession à la chefferie Ntsingbeu. Plus personne de la famille ne songe à prendre comme les deux prédécesseurs le risque de s’autoproclamer chef de Ntsingbeu. Tout le monde parle de malédiction qui se serait abattue sur cette chefferie à cause du sang injustement versé et de l’illégitimité de ses locataires. La chefferie de Ntsingbeu est de ce fait tout simplement laissée à l’abandon puisque Daniel Metangmo le successeur légitime jusque là encore bien jeune ne songe pas dans un tel climat de suspicion, d’intrigues et de trahison à revenir prendre les commandes de sa chefferie. Ntsingbeu restera de ce fait près de cinq ans sans régent.
VI- Temetang Tetsavou ne pouvait légitimement succéder à Efo’ Nkemvou
D’après toutes nos sources d’information, les seuls frères et demi-frères connus et confirmés de Efo’ Nkemvou sont Manfomekong, Manfotekongmo, Manfoteli, Kemtsa, Teiguetsa et Kemdong-akeng. Nulle part, dans nos recherches le nom de Temetang Tetsavou ne figure ni dans la liste des frères et demi-frère ni dans celle des fils ou petits fils de Efo’ Nkemvou. En effet en dehors de Daniel Metangmo, Efo’ Nkemvou a cinq autres fils dont Mbi Malo, Michel Nounet, Sakio, Siam Dongmo et Tejiokem. Dans l’hypothese tant chérie par le sieur Kenhago Robert et ses acolytes où Daniel Metangmo à cinq ans d’âge aurait refusé de succéder à Efo’ Nkemvou, nous voyons bien que le choix aurait pu se porter sur l’un de ses cinq frères dont Temetang Tetsavou ne fait aucunement partie. En tout cas, à Bafou, quand le défunt chef a dans sa progéniture plusieurs garçons, si le successeur désigné décline l’offre – ce qui est plutôt rare ou impensable, puisque son opinion n’est en général pas demandée – c’est parmi ses autres frères (autres fils du défunt) que le choix du remplaçant se fait et non parmi ses oncles ou autres citoyens du village comme dans le cas d’espèce. Procéder autrement c’est violer la coutume et abuser des droits du successeur légitime.
Si dans le village tout le monde ou presque s’accorde sur les circonstances de l’accession de Temetang Tetsavou à la chefferie de Ntsingbeu, personne si ce n’est le sieur Kenhago Robert et ses acolytes en quête d’un droit de cité ex nihilo, ne lui reconnaît une parenté formelle avec la famille Efo’ Nkemvou. Cette vérité fondamentale reste ignorée de bien des personnes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du village. Les prétendus liens de parenté qui selon les différentes versions vont de frère au fils de Efo’ Nkemvou ont été crées de toute pièces par les usurpateurs pour justifier et légitimer leur forfait. Que tout le monde le sache une fois pour toute: Temetang Tetsavou, le père de Robert Kenhago n’est ni le frère ni le fils de Efo’ Nkemvou. Ni lui ni son fils Kenhago ne peuvent donc légitimement succéder à Efo’ Nkemvou. N’étant donc pas le frère de Daniel Metangmo, rien n’autorisait Temetang à prendre sa place eut-il décliné comme le prétendent ses détracteurs l’offre du trône. Le sieur Kenhago Robert successeur de Temetang, même si érigé avec le concours de basses manœuvres d’usurpations chef du village Ntsingbeu, n’est pas le successeur de Efo’ Nkemvou. Il n’a purement et simplement aucun lien de parenté avec la famille de Efo’ Nkemvou.
Accepter comme beaucoup l’ont fait sous la pression, les intimidations et les corruptions de toutes sortes, que la famille Efo’ Nkemvou soit dépossédée de la chefferie de Ntsingbeu c’est accepter et entériner une déviation gratuit et injuste de la lignée fondatrice du village. C’est en fait cette aberration que le conseil des neuf et sept du groupement Bafou, sous la présidence personnelle de sa Majesté Fo’ Dong Kana II, Dr Paul Kana ont corrigé en intronisant le 15 Mars 1992 le Dr. Pierre-Marie Metangmo comme chef traditionnel et successeur de Efo’ Nkemvou, chef légitime du village Ntsingbeu.

VII – Qui est Temetang Tetsavou et comment arrive-t-il à la chefferie Ntsingbeu ?
Temetang Tetsavou le père de Kenhago Robert est le fils de Nkemetio, notable à Batsingla et d’une des sœurs de Kemtsa premier régent après Efo’ Nkemvou. Temetang Tetsavou serait donc parti de Batsingla pour Ntsingbeu après le décès de son oncle maternel Kemtsa pour s’établir en son domicile et disposer comme on faisait à l’époque de ses biens et épouses. Les morts successives du Kemtsa et Teiguetsa dans des circonstances tout à fait surprenantes et surtout le spectre du mystérieux châtiment qui désormais plane atour des prétendants au trône de Efo’ Nkemvou laissé vacant créent un vide à la chefferie de Ntsingbeu. L’héritier légitime Daniel Metangmo est “derrière les Blanc” comme on dit ici, expression très imagée signifiant qu’il vit en ville (Njombe à l’époque) où il apprend et exerce auprès des missionnaires blancs son métier de menuisier charpentier. Il est physiquement éloigné du territoire de son village sans pour autant en être détaché ou sans renier ses origines et sa responsabilité traditionnelle de chef légitime de Ntsingbeu. En d’autres termes, la chefferie est vide depuis plusieurs années et le successeur légitime n’est pas là.
C’est alors que lors de la construction de la route dite de « Kong » au lieu dit Pastorale au nord de Bafou, les habitants de Ntsingbeu réquisitionnés pour y investir leur main d’œuvre comme ceux d’autres villages du groupement Bafou, y arrivent “comme un troupeau sans berger”, c’est à dire en rangs dispersés, leur chef légitime Daniel Metangmo n’étant pas au village. L’attention du chef supérieur Bafou de l’époque, Fo’ Dong Kana I qui les observait est attirée par la stature et l’ardeur au travail d’un de ses membres, un certain Temetang Tetsavou, devenu citoyen de Ntsingbeu depuis peu et qui était comme les autres venu s’acquitter de son devoir. Dans son souci justifié d’avoir au niveau de chaque village un représentant qui mobilise les populations pour l’accomplissement des travaux, Fo’ Dong Kana I nomme séance tenante le sieur Temetang Tetsavou chef de la délégation de Ntsingbeu (en réalité plutôt chef des travaux). Temetang Tetsavou était dans ces circonstances le parfait candidat pour la régence parce que bien éloigné de la lignée royale de Ntsingbeu, il ne pouvait en aucun cas postuler à la succession légitime et coutumière de Efo’ Nkemvou. En effet il est à cette époque tout à fait inimaginable pour les populations d’un village de rester si longtemps sans chef ou quelqu’un qui en fasse office. Mais cette raison n’est aucunement suffisante pour que celui qui prenait ainsi la régence – surtout qu’il n’était pas de la famille régnante – finisse par prendre définitivement la chefferie de Ntsingbeu. Voila donc comment Temetang Tetsavou n’ayant aucun lien de parenté avec la famille de Efo’ Nkemvou et partant, avec lignée fondatrice et régnante de la dynastie Ntsingbeu laissera un successeur qui s’accaparera de sa chefferie.

VIII – Comment et Pourquoi le Dr Pierre-Marie Metangmo est intronise?

Sa Majesté Fo’ Ndong Dr Kana II après consultation des oracles puis des neuf et sept notables de Bafou s’aperçoit des graves conséquences que le maintien de l’usurpation jadis perpétrée à la tête de la chefferie Ntsingbeu avec l’aval explicite de son père sa Majesté Fo’ Dong Ngouajeu pourrait avoir tant sur la famille royale que sur tout le groupement Bafou. C’est alors qu’en son âme et conscience et surtout en dirigeant courageux, respectueux des traditions et soucieux du devenir de son peuple il décide de réparer ce tord fait à la famille de Efo’ Nkemvou en rétablissant sur son trône le successeur légitime Efo’ Ntsalah – Efo’ Nkemvou (Dr Pierre-Marie Metangmo) quoi qu’il lui en coûte. Et les incompréhensions qui s’en suivent sont légions. Mais pour lui comme pour le Dr Pierre-Marie Metangmo, la vérité, la justice et la coutume n’ont pas de prix. C’est pour toutes ces raisons qu’il fait de l’intronisation de Efo’ Ntsalah – Efo’ Nkemvou (Dr Pierre-Marie Metangmo) comme chef traditionnel, un événement sans précèdent.

En effet, de mémoire de Bafou (voir de Bamiléké), on n’a jamais vu le chef Supérieur des Bafou installer un chef de famille ou anoblir un de ses sujets en lui accordant comme ce fut le cas chez le Dr Pierre-Marie Metangmo tous les attributs des plus anciennes et plus puissantes chefferies. Par exemple, le port du “Nkwet” réservé aux chefs traditionnels, la cloche “Kuiffo” pour annoncer son arrivée et le vase traditionnel “Ntu’” pour le servir, autant d’attributs de puissante chefferie de village décernés à Efo’ Ntsalah – Efo’ Nkemvou (Dr Pierre-Marie Metangmo) lors de son intronisation. De même, la cérémonie d’intronisation s’est faite en présence de sa Majestés le chef supérieurs Foto suivi un an après par celle des chefs supérieurs de Balessing, Fongo-Tongo, et Fongo-Ndeng. Au cours de cette cérémonie sans précédant à Bafou, Sa Majesté Fo’ Dong Kana II porte de ses propres mains le chapeau traditionnel sur la tête du nouveau chef Efo’ Ntsalah – Efo’ Nkemvou (Dr Pierre-Marie Metangmo) rétablissant ainsi la légitimité de Efo’ Nkemvou jadis détournée. Auparavant, tous les notables de Ntsingbeu étaient venus au petit matin installer le jeune chef Efo’ Ntsalah – Efo’ Nkemvou (Dr Pierre-Marie Metangmo) sur le trône de Efo’ Nkemvou comme le montrent les photos prises en la circonstance. Sur le plan traditionnel, tout ce qui devait être fait au cours de cette cérémonie pour le rétablissement du trône de la chefferie Ntsingbeu à la famille de Efo’ Nkemvou l’a été.

IX – La profession de foi de Efo’ Nkemvou – Efo’ Ntsalah (Dr PM Metangmo):

Il était question à l’intronisation de Efo’ Ntsalah – Efo’ Nkemvou (Dr Pierre-Marie Metangmo) de rétablir l’histoire de la lignée royale de Ntsingbeu en reconnaissant sa légitimité comme chef traditionnel de Ntsingbeu mais en laissant Robert Kenhago régner au moins jusqu’à sa mort pour que la gouvernance du village Ntsingbeu revienne au successeur légitime comme de droit. Cet accord sera brisé par les multiples provocations du sieur Kenhago contre Efo’ Nkemvou (Dr Pierre-Marie Metangmo) parmi lesquelles une plainte au président de la république, l’emprisonnement de trois de ses conseillers et serviteurs, les articles de “Ouest Echo” et de “Menoua Etoile”. Tout ceci nous amène a conclure que seule une solution radicale et juste pourrait mettre fin à ce conflit. M. Kenhago n’étant ni le fils ni le petit-fils de Efo’ Nkemvou et ne peut postuler à sa succession.

Dites-moi en toute sincérité, s’il était établi que vous êtes le successeur de votre père, laisseriez-vous quelqu’un qui n’est même pas de votre famille continuer d’user et d’abuser de votre trône et de vos biens alors? Comme un portefeuille trouve sur la chaussée doit être restitué à son propriétaire légitime avant d’envisager une récompense pour celui qui l’a trouvé, Justice doit d’abord être faite c’est à dire que la chefferie Ntsingbeu doit comme il se doit coutumièrement et administrativement être restituée au successeur légitime Efo’ Ntsalah – Efo’ Nkemvou (Dr Pierre-Marie Metangmo) avant d’envisager une récompense pour le Sieur Mr Kenhago Robert. A Ntsingbeu comme partout ailleurs, nous devons «Rendre à César ce qui est à César». C’est une simple question de principe et de justice.

X – Un bilan de développement plutôt éloquent
Avant son intronisation, le Dr Pierre-Marie Metangmo Efo’ Nkemvou – Efo’ Ntsalah comptait à son actif pour le développement de Ntsingbeu, son électrification, la construction de deux pistes et ponts, la création d’une ferme pilote, le GAM, et la création d’un jardin d’enfants.
Apres son intronisation, et malgré les actes de sabotages et oppositions parfois violentes du sieur Kenhago Robert, à la mise en marche de certains projets de développement à Ntsingbeu, Le Dr Pierre-Marie Metangmo, Efo’ Nkemvou – Efo’ Ntsalah créera une ONG d’envergure, l’ACSD avec son siège construit à Ntsingbeu et un équipement incluant trois véhicules, deux ordinateurs, une imprimante, un fax, une bibliothèque, et une moto. Cette ONG a financé avec le support de ses partenaires étrangers (EPIDRI, Horti International, , CCFD, UE, ASNS, ELANS HACI, la Mairie d’Halluin et sa MJC ainsi que bien d’autres), la construction d’une ligne téléphonique de près de trois kilomètres, la création et l’ouverture d’un centre de santé équipé d’un laboratoire, d’une pharmacie d’une maternité et d’une dizaine de lits d’hospitalisation, la création d’un centre de formation de jeunes filles avec une dizaine de machines à coudre et des appareils divers de teinture et de cuisine. Une chapelle à laquelle il ne manque plus qu’un toit est en construction, la culture attelée a été introduite, une coopérative de semences la CAMACO crée et une maison des jeunes construite. Pour finir la réhabilitation du réseau d’eau potable de la scanwater est en cours et sera renforcée par la réalisation de forage d’appoint. L’action de Efo’ Nkemvou – Efo’ Ntsalah (Dr Pierre-Marie Metangmo) s’étend bien au delà de Ntsingbeu et Bafou. Avec son support et celui de l’ACSD, des centres de santé ont été construits équipés et ouverts à Fonakeukeu, Nka (Fondonera), Saa’ (Batsingla), Fongo-tongo, et Banhegang (Bansoa). Un centre de formation de jeunes filles à Mbouda, et de très nombreuses formations FIMAC dans la province de l’Ouest etc….
Parmi les projets encours d’étude pour Ntsingbeu – Ntsingfou figurent la création d’un collège d’enseignement technique, celle d’un centre polyvalent d’accueil de touristes avec salles de conférences et salles des fêtes, la création d’un centre artisanal, le lancement d’un vaste chantier d’ouvrages communautaires et la création d’une usine de fabrications d’aliments pour bébé et nourrissons. Ces réalisations ont déjà généré une vingtaine d’emploi pour les jeunes et adultes de la région. Et nous estimons que celles annoncées en créeront au moins autant encore. Or la paix est la condition sine qua non de tout progrès et de tout développement et noue en avons fait le soubassement de toutes nos actions sociales. Puisse notre cher village Ntsingbeu cesser d’être la proie de machinations ténébreuses et rétrogrades, pour retrouver le cours normal de son élan de progrès, et de paix! Efo’ Nkemvou – Efo’ Ntsalah (Dr Pierre-Marie Metangmo) est notre chef et ce simplement de part ses origines comme c’est le cas pour les autres chefs. Le soutenir n’est que justice et honnêteté. Le futur appartient à ceux qui le construisent sur une fondation de vérité et de courage.

” Ne faites à personne ce que vous ne voudriez pas que l’on vous fasse à vous”

 

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