Economie

Quelques repères

  •  RNB, méthode Atlas (US $) : 21,78 mds
  •  RNB par habitant, méthode Atlas (US $) : 1 150
  •  RNB par habitant, PPA (international $) : 2 180
  •  PIB, méthode Atlas (US $) : 23,40 mds
  •  PIB par habitant, méthode Atlas (US $) : 1 116
  •  PIB par habitant, PPA (US $) : 2 128
  •  Taux de croissance : 3,9 %
  •  Taux d’inflation : 1,7%
  •  Chômage : 30%

Sources :
• Banque Mondiale, 2008
• Rapport Mondial sur le Développement Humain, 2009
• Statistiques de la BAD, 2009


Outre les atouts que constituent notamment sa position géographique (principale voie d’accès pour les pays limitrophes enclavés) et l’existence d’une classe d’entrepreneurs dynamiques, l’économie du Cameroun dispose de nombreuses ressources agricoles (bananes, cacao, café, coton, produits vivriers…), forestières et pétrolières et minières. La variété de ses climats et la fertilité de ses terres valorisent son potentiel agricole et forestier. Sa faune et sa flore très riches, sa culture diversifiée et originale se prêtent au développement du tourisme.
Le Cameroun, richement doté en ressources naturelles et disposant d’un appareil de production diversifié, a connu un taux de croissance annuelle de 7% en moyenne entre 1960, date de son indépendance et 1985.
Jusqu’en 1978, l’agriculture était la principale source de croissance et de recettes en devises, puis à partir de cette date, la production pétrolière a démarré et est rapidement devenu le moteur de la croissance économique. Mais la situation s’est ensuite dégradée. En effet, l’économie camerounaise n’a pas échappé au syndrome pétrolier qui l’a entraînée à partir de 1986 dans un cycle récessif profond avec une forte baisse du Produit intérieur brut : moins 30% entre 1985 et 1993. Les termes de l’échange avec l’extérieur ont diminué de 60% jusqu’en 1993 à la suite de l’effondrement des cours du café, du cacao et du pétrole.
Ce déclin économique s’est accompagné d’une aggravation de la pauvreté, les paysans pauvres ayant essuyé de plein fouet la chute des prix à la production et l’Etat ayant réduit ses dépenses de santé et d’éducation. La classe moyenne, qui était l’une des plus importantes de l’Afrique subsaharienne, a vu ses effectifs diminués fortement.
En 1988, le gouvernement a lancé un programme de réforme économique appuyé par le Fonds Monétaire International (FMI) et la Banque Mondiale pour rationaliser les dépenses publiques, restructurer les entreprises et les banques, libéraliser les cultures d’exportation et déréglementer le commerce intérieur. Les réformes structurelles ont finalement eu peu d’impacts et, surtout, la stratégie d’ajustement interne a échoué. La politique et la gestion économiques ont continué de se dégrader après 1989 par suite du manque d’adhésion à la réforme économique et des effets pervers de l’instabilité politique et des crises sociales dues à la chute brutale des revenus.
C’est la dévaluation du Franc CFA, en janvier 1994, qui, en relançant la compétitivité des filières agricoles, a permis au Cameroun de renouer avec la croissance, même si cette dévaluation va avoir un effet dévastateur sur le pouvoir d’achat des populations camerounaises.
Fin 1996, le Cameroun change de cap et s’engage à lancer un programme de réformes structurelles et de mesures macroéconomiques prudentes. Grâce à ces réformes du secteur public (foresterie, transport, système bancaire et privatisation des services collectifs et de grandes entreprises publiques) appuyées par le FMI et la Banque mondiale, la situation économique s’améliore. Le Cameroun, en avril 2006, atteint le point d’achèvement de l’Initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) et est admis à bénéficier d’un allégement supplémentaire de sa dette envers le FMI, l’Association internationale de développement et le Fonds africain de développement dans le cadre de l’Initiative d’allégement de la dette multilatérale .
Le PIB du Cameroun représente 36% de celui de la CEMAC (Communauté Economique et Monétaire d’Afrique Centrale dont font partie 6 pays : le Cameroun, la Guinée Equatoriale, Le Gabon, la Centrafrique, le Congo - Brazzaville et le Tchad). Le pays dispose d’un poids économique considérable en Afrique Centrale.
Le secteur agricole emploie près de 70% de la population active et représente 40% des recettes d’exportation. Il reste une part importante de l’économie camerounaise (20% du PIB). La culture des produits vivriers a connu ces dernières années une croissance marquée aux dépens des cultures de rente (ceci étant dû à la baisse des cours mondiaux).
Le secteur des mines et de l’industrie occupe près de 13% de la population active et contribue pour 33% du PIB du pays. Le Cameroun est pourvu de gisements et de réserves de fer, de bauxite et de pétrole. Les ressources pétrolières même si en déclin, représentent encore la principale ressource de son sous-sol (50% des exportations du pays). Quant à la production industrielle, elle s’articule essentiellement autour du raffinage du pétrole, de l’exploitation et de la transformation du bois, de l’agro-alimentaire.
Enfin, le secteur tertiaire, qui intègre en particulier le secteur informel, emploie une grande partie de la population active (17%) notamment en zone urbaine. Ce secteur représente 48% du PIB.
L’économie du Cameroun dispose donc de nombreux atouts. Mais, la croissance économique a ralenti (environ 3% par an pendant la période 2001-07) en raison principalement du report des réformes sur l’environnement des affaires, de la restructuration des entreprises publiques, de la rapide diminution de la production pétrolière, et de la baisse de l’offre d’électricité qui a eu des effets négatifs sur l’activité industrielle. Par ailleurs, la croissance urbaine, mal maîtrisée (occupation anarchique de l’espace, mauvais état des voiries, problèmes d’environnement urbain,…), constitue aussi un frein à la croissance et entraine une détérioration des secteurs de base tels que la santé et l’éducation, fragilisant ainsi le capital humain. La croissance anémique et la hausse des prix de quelques produits de base sont à l’origine des tensions sociales et des revendications de février 2008. Par ailleurs, la crise financière internationale a durement frappé cinq secteurs de l’économie camerounaise : l’aluminium, le bois, le caoutchouc, le coton et le pétrole brut. Selon le ministre des Finances, l’économie du Cameroun devrait enregistrer sa plus mauvaise performance en 2009 depuis plusieurs années.
Les progrès à accomplir au Cameroun restent immenses et sont urgents lorsque l’on sait que les pauvres constituent encore plus de 50% de la population. Il faut bâtir un modèle de développement économique capable de créer la richesse, la valeur ajoutée, de résorber le chômage et de réduire les inégalités : une économie à visage humain capable d’assurer l’équité, de sauvegarder l’environnement et de protéger les droits des générations futures.